Poulailler contesté à Forest-Montiers : la FDSEA 80 lance une contre-pétition pour défendre les projets agricoles
Après la mobilisation autour du projet de poulailler de Marion Bocquillon à Forest-Montiers, la FDSEA de la Somme lance à son tour une pétition. Le syndicat dénonce une multiplication des pétitions en ligne visant des projets agricoles et demande que leurs initiateurs et signataires puissent être tenus responsables des conséquences économiques qu’elles entraîneraient.
Après la mobilisation autour du projet de poulailler de Marion Bocquillon à Forest-Montiers, la FDSEA de la Somme lance à son tour une pétition. Le syndicat dénonce une multiplication des pétitions en ligne visant des projets agricoles et demande que leurs initiateurs et signataires puissent être tenus responsables des conséquences économiques qu’elles entraîneraient.
En lançant le mercredi 26 août sa propre pétition sur la plateforme change.org, la FDSEA de la Somme entend répondre aux pétitions qui se multiplient contre les projets agricoles. Le syndicat vient en effet de lancer une pétition intitulée « Stop aux pétitions abusives contre les projets agricoles », en prenant notamment pour exemple le cas de Marion Bocquillon, jeune éleveuse de Forest-Montiers.
Son projet de bâtiment destiné à l’élevage de volailles de chair fait actuellement l’objet d’une pétition hostile qui a dépassé les 20 000 signatures. Pour la FDSEA, cette mobilisation illustre une pratique devenue trop fréquente. « Aujourd’hui de trop nombreux projets agricoles sont victimes de pétitions en ligne infondées qui recueillent des dizaines de milliers de signatures de personnes non concernées », dénonce le syndicat dans le texte mis en ligne.
Étables, poulaillers, porcheries, réserves d’eau ou encore bâtiments de stockage sont cités comme autant de projets susceptibles de faire l’objet de contestations. La FDSEA estime que ces mobilisations font peser une pression importante sur les agriculteurs, alors même que les projets concernés sont soumis à des procédures administratives et réglementaires.
La responsabilité des pétitionnaires en question
Au-delà du soutien apporté à Marion Bocquillon, la pétition porte une revendication plus large. La FDSEA demande que les personnes à l’origine de pétitions contre des projets agricoles autorisés puissent supporter les conséquences financières de leur mobilisation.
Le syndicat propose ainsi que « les initiateurs et signataires de pétition contre les projets agricoles bénéficiant de toutes les autorisations administratives » puissent être tenus « solidairement » responsables des pertes liées à d’éventuels retards, compléments d’études ou dégradations intervenant après la publication de la pétition.
La FDSEA va plus loin en demandant le remboursement des frais engagés par l’agriculteur si le projet devait finalement être abandonné. Une revendication qui revient à poser la question de la responsabilité des opposants lorsqu'une mobilisation citoyenne entraîne des conséquences économiques pour le porteur d’un projet.
Le cas de Forest-Montiers comme point de départ
Pour la FDSEA de la Somme, le dossier de Marion Bocquillon constitue le cas concret autour duquel cette mobilisation doit s’organiser. Dans une commune d’environ 400 habitants, la jeune éleveuse fait face à une pétition qui a recueilli plus de 20 000 signatures, et des lourdeurs administratives qui retardent la réalisation de son projet d'installation.
Le syndicat agricole estime que ce rapport entre la taille de la commune et le nombre de signataires pose question, notamment lorsque les personnes mobilisées ne résident pas à proximité du projet. Il entend donc transformer le soutien apporté à la jeune éleveuse en débat plus général sur les conditions dans lesquelles les projets agricoles peuvent être contestés.
La FDSEA appelle ainsi à signer sa pétition pour soutenir Marion Bocquillon, mais aussi pour demander une évolution des règles concernant les conséquences des pétitions visant des projets agricoles.
La mobilisation devrait notamment être visible ce week-end à Candas, à l’occasion de Plaine en Fête, où le syndicat prévoit de faire connaître cette initiative.