Tourisme
À quoi s’attendre pour cette 17e édition du Festival international des hortillonnages ?
Le festival de jardins et hortillonnages d’Amiens revient cette année du 22 mai au 11 octobre. Cette 17e édition est placée sous le signe de la nouveauté : douze productions inédites sont à découvrir, dont six jardins paysagers, cinq créations visuelles et un projet étudiant.
Le festival de jardins et hortillonnages d’Amiens revient cette année du 22 mai au 11 octobre. Cette 17e édition est placée sous le signe de la nouveauté : douze productions inédites sont à découvrir, dont six jardins paysagers, cinq créations visuelles et un projet étudiant.
Près de 60 000. C’est le nombre de visiteurs qui se rendent chaque année au festival de jardins et hortillonnages d’Amiens. Depuis sa création en 2010, il s’est imposé comme un événement incontournable auprès des Amiénois et des touristes. Pour cette 17e édition, qui se tient du 22 mai au 11 octobre, les choses ont été vues en grand : 49 installations paysagères et artistiques, dont 12 nouvelles cette année.
6 jardins paysagers, 5 créations visuelles et un projet étudiant ont été sélectionnés parmi plus de 210 candidatures internationales. Selon Gilbert Filinger, directeur de l’association Arts et Jardins Hauts-de-France, organisatrice du festival : «Nous voulons mettre en avant une dimension festive dans un monde qui ne l’est pas toujours.»
Des nouveautés entre terre et eau
Pour découvrir ces nouvelles œuvres, les visiteurs peuvent emprunter deux parcours au choix : en barque électrique sur l’étang de Clermont et à pied sur l’île aux Fagots. Trois d’entre elles y ont pris place, dont Sèves – À fleur d’eau de Meaghan Matthews. Une douzaine de bulles en verre soufflé sont disposées à la surface de l’eau et s’intègrent parfaitement dans le milieu naturel. Une autre œuvre risque d’ailleurs d’intriguer les visiteurs : Eyes Wide Cut d’Émilie Breux. «L’artiste a travaillé la marqueterie sur bois en peignant des yeux sur des tronçons d’arbres déjà présents sur le site», explique Nathalie Vallée, directrice de production d’Arts et Jardins Hauts-de-France. Un hommage à l’époque où le bois ramassé était transporté par l’eau sur les hortillons.
Enfin, Apolline Ducrocq propose Hortillone, de grandes colonnes de paniers sculptés. Son inspiration lui vient d’anciennes photographies de l’univers des hortillons et du passé maraîcher, fierté du territoire picard.
En parcourant l’étang de Clermont, neuf nouveautés seront visibles durant la visite, parmi lesquelles Le palais des oiseaux, Sea Above, Sky Below ou encore Le Jardin nourrit le compost. Des œuvres qui portent une dimension environnementale, en lien direct avec le vivant et la nature. Cette année, le projet étudiant Mise en abysse du Collectif A8 est également mis à l’honneur. Huit élèves en licence d’arts plastiques de l’Université Picardie Jules Verne d’Amiens ont réalisé une installation dénonçant la fragilité et la non-protection du système aquatique.
Leur souhait : «Amener le visiteur à prendre conscience de sa place dans le monde, où chacun se doit de faire attention à l’environnement.»
Rendre hommage au territoire picard
Un autre projet marquant, porté par Openfield, un collectif d’artistes belges, s’inscrit dans cet hommage au territoire samarien. Il s’agit de Crue, un mémorial paysager qui représente les inondations historiques survenues dans la Somme en 2001. «Notre œuvre s’articule autour d’un ponton surélevé, repère sensible inspiré des passerelles improvisées par les sinistrés, marquant le niveau de la crue», précisent Pauline Cap et Manu Vanderveken, membres d’Openfield.
Au-delà de la dimension festive et artistique, «mettre en avant de jeunes créateurs, mais aussi une dimension internationale, étaient nos priorités pour cette 17e édition», insiste Gilbert Filinger.
Le festival en quelques chiffres
• 680 000 visiteurs depuis la création du festival
• 393 hectares protégés, sur lesquels se déploie le festival (dont 95 % classés Natura 2000)
• 1 prix européen en 2024
• 330 espèces végétales utilisées, plantées et semées
Arts et Jardins, lauréat du prix européen du patrimoine 2026
«C’est une grande fierté pour nous et une reconnaissance de notre travail», se réjouit Gilbert Filinger, directeur de l’association Arts et Jardins Hauts-de-France. Il y a quelques semaines, leurs Jardins de la Paix ont été récompensés du prix européen du patrimoine 2026, dans la catégorie «Engagement et sensibilisation des citoyens». Une trentaine de jardins publics contemporains sont implantés le long de l’ancienne ligne de front de la Première Guerre mondiale, en France et en Belgique. Conçus par des paysagistes issus de pays autrefois en guerre, ils symbolisent aujourd’hui encore le devoir de mémoire et de transmission. «De nos jours, il est crucial de faire passer un message de paix», évoque Gilbert Filinger. Cette année, Arts et Jardins est le seul en France à avoir obtenu ce précieux sésame.