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Safer de Picardie : des ventes en baisse, des prix en hausse

La crise économique a retourné les marchés fonciers ruraux.

Hubert Duez, président de la Safer de Picardie : «la Safer doit continuer son rôle de régulateur du marché du foncier en toute transparence».
Hubert Duez, président de la Safer de Picardie : «la Safer doit continuer son rôle de régulateur du marché du foncier en toute transparence».
© AAP

«Nous avons enregistré l'an dernier en Picardie 4 098 transactions totalisant 13 898 ha. C’est en nette diminution par rapport à 2011 avec environ 3 000 ha de moins notifiés», a indiqué Marie-Andrée Dégardin, directrice de la Safer de Picardie, lors de l’assemblée générale de la Safer de Picardie le 18 juin à Chamouille dans l'Aisne. Le marché foncier agricole totalise 10 910 ha (4005 ha dans la Somme, 4 519 ha dans l’Oise et 5 374 ha dans l’Aisne). Le non agricole représente 2 988 ha dont 1 809 ha pour les forêts et 672 ha pour les résidences et loisirs.
Le marché s’est à nouveau refermé l'an dernier. «0,8 % de la surface agricole utilisée a changé de main dans la région, alors qu’avant c’était 1 %. La moyenne nationale est de 1,2 %», a précisé Marie-Andrée Dégardin.
Le marché picard porte sur des ventes de petites parcelles. Les prix ont encore progressé de 7% pour les terres et prés libres. Ils atteignent en moyenne triennale 8 770 euros/ha dans la Somme, 8 680 euros dans l’Oise et 7 330 euros dans l’Aisne. Les prix des terres et prés occupés non bâtis sont de 5 150 euros/ha dans la Somme, 4 990 euros dans l’Oise et 4 950 euros dans l’Aisne, toujours en moyenne triennale.

L’installation accompagnée
«La progression du prix des terres de 3 % environ pour chaque département, s’explique par une forte pression foncière dans un marché où l’offre des terres libres est très restreinte et qui est accentuée en particulier cette année par les démembrements de propriété et les transmissions sociétales», a commenté la directrice.
La Safer de Picardie a appréhendé 1 101 ha répartis pour 787,47 ha en acquisitions amiables, 277,88 ha en intermédiations locatives et 35,77 ha en préemptions.
«Ces cinq dernières années, la Safer de Picardie a rétrocédé 1 787 ha en faveur de l’installation de 81 agriculteurs. En 2012, elle a permis de conforter ou d’installer quinze jeunes en attribuant 412 hectares», a assuré son président, Hubert Duez, affirmant que l’installation reste la priorité de la structure. «La pression du foncier est telle qu'elle amène à privilégier les installations qui gardent une valeur ajoutée conséquente par rapport à un système simplifié. Nous tenons à garder la richesse territoriale à ce niveau».
Hubert Duez a évoqué d'autre part l’envolée des prix, regrettant certains abus. Et il a insisté pour que toutes les transactions soient connues de la Safer afin qu’elle ait une vision au plus juste du marché.
Sur le plan national, «après la forte contraction en 2009 , une légère reprise en 2010 et un sursaut en 2011, l’année 2012 affiche une tendance à la fermeture des marchés. Les ventes sont en repli de 4 % en nombre, de 5 % en surface et de 9 % en valeur. Tous les marchés chutent sauf exceptionnellement celui des vignes haut de gamme. Malgré des taux d’emprunt bas, l’atonie de l’économie et la restriction des crédits bancaires freinent la conclusion des transactions. Nombre de propriétaires conservent leur bien comme une valeur refuge», a commenté Marie-Andrée Dégardin.

Fermeture des marchés fonciers
La crise se fait particulièrement sentir sur les biens qui quittent l’usage agricole. Les ventes de maisons à la campagne ont baissé de 13 % et leur prix moyen unitaire cède 3,5 %. Celles de petites parcelles résidentielles et de loisirs ont reculé de 4,8 % et leur prix a chuté de 18 %. Pour la première fois depuis 2007, l’urbanisation, avec 4,1 milliards d’euros, enregistre un flux financier inférieur à celui du marché agricole.
Le marché des terres agricoles libres ne porte que sur 1,5 % des surfaces. Les prix augmentent de 1,1% à 5 420 euros l’hectare en moyenne. Le retrait des acquéreurs non agriculteurs, la prudence des banques, la prochaine réforme de la PAC, l’augmentation du coût des intrants peuvent expliquer ce ralentissement plus marqué dans les régions de polyculture-élevage et d’élevage. Dans les régions de grandes cultures, les terres et prés libres affichent des prix en hausse de 3,2 %, à 6 560 euros l’hectare. Quant aux prix des terres louées, ils progressent de 2,5 %.

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