Elections sénatoriales
Sénatoriales dans la Somme : les trois sortants réélus, trois visions de l’agriculture
Stéphane Demilly, Rémi Cardon et Laurent Somon conservent leur siège au Sénat. Pendant la campagne, L’Action agricole picarde les avait rencontrés pour les interroger sur les sujets qui touchent directement les exploitations : revenu, Pac, eau, renouvellement des générations, souveraineté et avenir des filières. Retour sur leurs principales propositions.
Stéphane Demilly, Rémi Cardon et Laurent Somon conservent leur siège au Sénat. Pendant la campagne, L’Action agricole picarde les avait rencontrés pour les interroger sur les sujets qui touchent directement les exploitations : revenu, Pac, eau, renouvellement des générations, souveraineté et avenir des filières. Retour sur leurs principales propositions.
Les grands électeurs de la Somme ont choisi la continuité. Dimanche 27 septembre, les trois sénateurs sortants ont été réélus. Stéphane Demilly, tête de la liste «Avec Stéphane Demilly, une Somme d’énergies !», arrive en tête avec 553 voix (31 %). Rémi Cardon, à la tête de la liste «La Somme a de l’avenir», obtient 495 voix (27 %). Laurent Somon et sa liste «Avec vous ! Pour vous !» décrochent le troisième siège avec 333 voix (18 %).
Ils retrouveront donc le Palais du Luxembourg avec, chacun, une vision différente de l’agriculture et des priorités à défendre. Trois semaines avant le scrutin, L’Action agricole picarde les avait interrogés sur les dossiers qui concernent directement les agriculteurs de la Somme.
Stéphane Demilly : souveraineté, revenu et grands projets
Pour Stéphane Demilly, l’agriculture doit d’abord rester une force économique et stratégique. «L’indépendance alimentaire doit être une priorité», expliquait-il à notre journal. Le sénateur sortant mettait notamment en avant la nécessité de mieux rémunérer les agriculteurs et de simplifier les normes.
Parmi ses dossiers emblématiques : le canal Seine-Nord Europe et la plateforme multimodale de Nesle. Il considère ce projet comme «très important pour le monde agricole» et souhaite continuer à suivre sa mise en œuvre. Il défend également depuis plusieurs années la filière éthanol et les débouchés agricoles liés à la transformation.
Sur l’eau, Stéphane Demilly plaide pour donner davantage de visibilité aux agriculteurs et permettre le développement de solutions de stockage. Sa ligne de conduite : se concentrer sur quelques dossiers pour essayer de les faire aboutir plutôt que de multiplier les combats.
Rémi Cardon : une Pac davantage tournée vers la transition
À gauche, Rémi Cardon défend une autre approche. Le sénateur socialiste souhaite une Pac qui réoriente davantage les soutiens publics vers les pratiques qu’il juge «plus durables», tout en assurant une meilleure rémunération des agriculteurs.
Pour lui, le revenu est indissociable de la répartition de la valeur. Il estime que les producteurs, notamment ceux engagés dans les circuits longs, doivent bénéficier d’une part plus importante de la valeur créée par leur production. Il défend davantage de transparence et cite notamment les achats de produits locaux par les collectivités comme un levier possible.
Sur l’eau, Rémi Cardon considère cette ressource comme «un bien commun dont la répartition doit être pilotée collectivement». Il ne ferme pas la porte aux stockages, mais souhaite qu’ils soient étudiés en fonction de leur dimension, de leur alimentation et de leur utilisation.
Le renouvellement des générations constitue également un axe fort de son programme. Il propose notamment de mieux réguler le foncier pour faciliter l’installation des jeunes agriculteurs et limiter la concentration des exploitations.
Laurent Somon : défendre l’élevage et les filières de la Somme
Pour Laurent Somon, vétérinaire de métier et membre de la commission des affaires économiques du Sénat, l’enjeu est de préserver une agriculture productive et les filières qui l’entourent.
« Il faut porter nos filières d’excellence vers le haut », nous expliquait-il, citant notamment la pomme de terre et la betterave. Pour le sénateur LR, les agriculteurs sont d’abord des producteurs de matières premières et l’agro-industrie qui les transforme constitue une richesse à préserver dans le département.
L’élevage occupe une place particulière dans sa vision. Laurent Somon veut renforcer cette filière mais aussi l’ensemble de son environnement économique : vétérinaires ruraux, abattoirs et autres professions indispensables à son maintien. Il alerte sur le risque de voir l’agriculture connaître le «même déclin que la sidérurgie».
Sur la Pac, il défend davantage de liberté au niveau national et estime que «les contraintes environnementales doivent être adaptées aux réalités des territoires». Il se montre en revanche favorable à des dispositifs rémunérant les agriculteurs pour les services environnementaux rendus, comme la préservation des zones humides.
Concernant l’eau, Laurent Somon est favorable aux retenues permettant de stocker l’eau lors des périodes abondantes pour la mobiliser en période sèche. Il défend également les mesures en faveur des haies lorsqu’elles s’accompagnent d’un soutien financier aux agriculteurs.