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Gastronomie
Tambours et grosse caisse pour le haricot de Soissons

Le «haricot de Soissons» est officiellement reconnu en Indication géographique protégée (IGP), ce qui lui accorde une protection à l'échelle européenne. Cette reconnaissance valorise les pratiques développées au fil des siècles par les producteurs locaux.

Il aura fallu vingt ans, mais enfin, le haricot de Soissons bénéficie d’une reconnaissance à l’échelle européenne. La Commission européenne a en effet reconnu officiellement, le 2 juin dernier, le fameux haricot blanc en «Indication géographique protégée» (IGP).
Ce que cela change ? À la fois tout et pas grand-chose. Le savoir-faire et la qualité sont là depuis des siècles. En revanche, ce qui est nouveau pour le haricot picard, c’est la notoriété supplémentaire que ce signe d’origine va apporter. La manière de le produire, elle, n’est pas près de changer – sélection des parcelles, rusticité et vigueur de la plante, récolte à la main, séchage à l’air libre puis battage et tri des haricots –, et c’est précisément cela qui a permis aux producteurs de haricot de bénéficier d’un SIQO. L’aire géographique où le haricot de Soissons peut être produit est elle aussi strictement définie, ce qui limite le risque de contrefaçon. 

 

Comment le déguster ? 

Le haricot de Soissons présente un certain nombre de caractéristiques qui font qu’il n’a pas d’égal. On le reconnait ainsi à son gros grain en forme de rein et sa couleur blanche ou ivoire. Avant de le déguster, une cuisson est nécessaire ; laquelle demande un trempage dans l’eau pendant au moins 12 heures.
C’est à cette condition qu’il se dévoilera à la fois tendre et fondant. Chaud, il accompagnera à merveille de multiples types de viandes, comme le mouton – à associer à l’agneau de la Baie de Somme, c’est un régal –, mais aussi de bœuf, de porc ou de volaille, sans oublier les poissons. Froid, on le mariera à une huile pour en faire une bonne salade. Avec l’obtention de l’IGP, on n’a pas fini d’entendre parler du haricot de Soissons.

L'interview de Géraldine Toupet, présidente de la Coopérative du haricot de Soissons et Didier Cassemiche, président de l’Association des producteurs de haricots de Soissons

«L’IGP a été obtenue, enfin !»

L’APHS (Association des producteurs de haricot de Soissons) a déposé sa première demande d’IGP en 2003. L’Inao vient de reconnaître officiellement cette appellation pour votre produit. Quel est votre sentiment ?
Nous sommes très heureux, fiers et soulagés de voir enfin l’aboutissement de l’IGP pour notre haricot de Soissons. Les producteurs sont fiers de cette reconnaissance pour le territoire. Ce label va permettre de garantir l’origine géographique du haricot de Soissons, reconnaître sa qualité et le travail du producteur.

Qu’est-ce qui a bloqué durant toutes ses années ?
Le principal point noir a été la lourdeur administrative concernant le montage du dossier. Tout s’est remis en route à partir du moment où nous avons été entourés et accompagnés de professionnels et en particulier par Qualimentaire financé par le Conseil régional.

Qu’est-ce que ça va changer pour les producteurs ?
Le cahier des charges doit être appliqué par le producteur sans plus de contraintes techniques car c’est le travail qu’il réalise déjà depuis des années. Une partie administrative, un peu plus contraignante, est prise en charge en partie par l’APHS. Pour le producteur, l’environnement est porteur. Nous allons parler de plus en plus de la filière, ce qui va générer une émulation autour du haricot de Soissons donnant encore plus d’attractivité au territoire, au tourisme, soit que du positif pour chacun.

2023, c’est donc la consécration de vos attentes avec l’obtention de l’IGP hharicots de Soissons. Ce sont aussi les vingt ans de la coopérative. C’est un beau cadeau d’anniversaire ?
Effectivement, vingt ans de la coopérative, obtention de l’IGP, c’est une belle et grande année pour le haricot de Soissons que l’on fêtera dignement. La fête du haricot qui aura lieu le 23 et 24 septembre  prochain à Soissons aura une saveur spéciale. À cette occasion, tous les organismes et acteurs qui ont œuvré à l’obtention de l’IGP seront présents.

Vous cherchez toujours des producteurs de haricots de Soissons. Pensez-vous que l’obtention de l’IGP va motiver des agriculteurs à opter pour cette diversification ?
Oui, nous sommes toujours à la recherche de nouveaux producteurs dans l’aire de l’IGP bien sûr, située sur tout le département sauf le Saint-Quentinois et la Thiérache. L’obtention de l’IGP est le début d’une nouvelle aventure pour la filière qui passe par l’augmentation du nombre de producteurs ainsi que celle des volumes. Nous travaillons activement à la structuration de la filière et le point primordial est le recrutement de nouveaux producteurs. La notoriété du produit, sa particularité et l’aspect économique sont des éléments qui peuvent convaincre de nouveaux producteurs à nous rejoindre.
Propos recueillis par Gaëtane Trichet
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