Diversification
À Vismes-au-Val, les Defacque cuisinent des confitures d’exception
Le 21 avril, Christelle Hiver, présidente du Conseil départemental, réalisait une visite cantonale du canton de Gamaches. Elle était reçue chez «ceux qui contribuent à la mise en valeur du territoire». Impossible donc de ne pas s’arrêter à la Ferme du vert pâturage de Vismes, pour plonger la cuillère dans la confiture des Defacque, sacrée meilleure confiture de France et du monde.
Le 21 avril, Christelle Hiver, présidente du Conseil départemental, réalisait une visite cantonale du canton de Gamaches. Elle était reçue chez «ceux qui contribuent à la mise en valeur du territoire». Impossible donc de ne pas s’arrêter à la Ferme du vert pâturage de Vismes, pour plonger la cuillère dans la confiture des Defacque, sacrée meilleure confiture de France et du monde.
C’est dans la petite cuisine de quelques mètres carrés, et en particulier dans la bassine d’une contenance de 5 kg (seulement), que tout se passe. «Ici, on conserve la méthode traditionnelle des confitures faites à la bassine. C’est ce qui fait la différence entre une bonne confiture et une très bonne confiture», assurent Marie-Paule et Sophie Defacque (belle-mère et belle-fille).
Ce 21 avril à Vismes-au-Val (hameau du Plouy), à la Ferme du vert pâturage, elles recevaient Christelle Hiver, présidente du Conseil départemental de la Somme, ainsi que quelques élus locaux, dans le cadre d’une tournée cantonale.
«Il est important d’aller à la rencontre de ceux qui contribuent à la mise en valeur du territoire. Nous avons la chance de bénéficier de ce genre de produits locaux de qualité», annonce la présidente. En matière de renommée, les Defacque sont un exemple parfait. Après les nombreux titres de Marie-Paule lors de concours, Sophie a décroché les titres de meilleure confiturière de France en 2007, et meilleure confiturière du monde en 2013. «Aujourd’hui, je ne fais plus de concours. C’est sympa, mais ça prend beaucoup de temps. Et puis nous n’avons plus besoin de prouver quoi que ce soit.» En plus de la vente à la ferme, une quarantaine de revendeurs proposent les confitures Defacque sur leurs étals, principalement dans la Somme.
Marie-Paule est pourtant partie «de rien». «Avec mon mari, nous nous sommes installés ici en 1962. Je me chargeais de la traite des quatre vaches, puis on a eu des blondes d’Aquitaine. Je cherchais quelque-chose pour développer un revenu supplémentaire. Alors, j’ai produit des asperges quelques années, puis j’ai eu l’idée de transformer ma rhubarbe en confitures.» Elle propose ses premiers pots en 1988. «Les gens se moquaient. Ils disaient que personne ne m’en achèterait», se souvient-elle. Ses créations partent finalement comme des petits pains. «Je faisais ça la nuit, en plus des enfants (cinq), de la ferme, et de l’entreprise de travaux agricoles que nous avons développée. Les gendarmes s’arrêtaient boire un café pendant leur tournée, lorsqu’ils voyaient de la lumière.»
La fameuse «fraises aux macarons d’Amiens»
Peu à peu, son nom se fait une place dans le domaine. Les fruits sont choisis en local autant que possible. «Les fraises viennent d’Embreville, les pommes et poires des vergers de Moismont à Vron, la rhubarbe du Pas-de-Calais…» Les Defacque osent des associations originales. La fraises aux macarons d’Amiens est «une tuerie», disent les consommateurs. Aujourd’hui encore, cette confiture est la préférée des clients. Les confiturières ne cessent d’innover : framboises au champagne, oranges au chocolat, bananes à la noix de coco… «Notre dernière est la confiture de framboises à la fève de tonka», présente Sophie. Environ quatre-vingts recettes sont proposées aujourd’hui. Soit quatre-vingts tissus différents pour recouvrir les couvercles, aux couleurs vives et aux motifs variés, soigneusement choisis par Marie-Paule. «La couturière, c’est toujours moi. Les autres ne savent pas faire», rit-elle. Le plaisir des yeux précède celui des papilles.
Des confitures à l’ETA, en famille
Les confitures ne sont que la vitrine de l’entrepreneuriat chez les Defacque, à Vismes-au-Val. «Mes parents sont arrivés ici en 1962. Nous avons toujours conservé la ferme d’élevage, de trois-cents mères blondes vendues en partie en direct, et 140 ha de SAU. Et en parallèle a été développé une entreprise de travaux agricoles, la SARL Defacque, à la base spécialisée dans le terrassement. Puis on a évolué avec l’arrachage de betteraves, l’ensilage de maïs, la moisson, les semis, l’épandage… L’idée est d’apporter un service complet aux clients. On est capable de piloter une ferme à façon», explique Frédéric Defacque, l’un des quatre fils, avec Éric, Charles et Jérôme, tous associés. Douze salariés travaillent pour eux aujourd’hui. «Notre père, aujourd’hui décédé, nous a toujours conseillé de nous diversifier pour ne jamais manquer de travail.» Le matériel, récemment renouvelé, est pensé pour répondre aux besoins du terrain. «On a par exemple investi dans deux ensileuses d’herbe, qui sont aussi adaptées à l’ensilage pour les méthaniseurs.» Pour les amendements, trois épandeurs à table avec DPA (Débit proportionnel à l’avancement) sont adaptés à l’épandage de fientes. «Il y a moins d’élevage, donc moins de fumier», justifie Frédéric.
Un arrêt dans l’élevage d’Olivier Parcy
Installé à Fontaines-sur-Somme depuis 2005, Olivier Parcy était l’un des précurseurs de la vente de viande en direct auprès des collèges de la Somme en 2016. «J’étais persuadé de produire de la bonne viande, et j’étais frustré de ne pas savoir où elle partait dans le circuit long. Nourrir les enfants du coin, c’est que du bonheur», raconte-t-il à Christelle Hiver, présidente du Conseil départemental, qui faisait un arrêt dans son élevage ce 21 avril lors de sa tournée cantonale. L’occasion de mettre en avant ses bonnes pratiques d’élevage auprès des élus. «Ici, 65 ha sur les 152 sont dédiés aux prairies. La base de la ration du troupeau de quatre-vingt-cinq mères charolaises, c’est l’herbe.» Une bonne partie de ces surfaces en herbe sont des prairies humides, dans les marais. Et Olivier Parcy tient à faire connaître les services que rendent les éleveurs pour ces milieux fragiles. Dans le cadre de sa participation au PMAZH (Programme de maintien de l’agriculture en zones humides), il a d’ailleurs décroché un premier prix des pratiques agroécologiques cette année, lors du Salon de l’agriculture. «Ce terme d’agroécologie fait peur aux éleveurs, alors qu’on en est les premiers acteurs. Je n’en étais pas conscient, mais mes prairies productrices, très peu fertilisées, fauchées tardivement ou pâturées de manière extensive, abritent une flore très diversifiée et une faune rare.»