Aménagement du territoire
Canal Seine-Nord Europe : les opposants appellent au rassemblement avant une audience au tribunal administratif à Amiens
Les opposants au Canal Seine-Nord Europe donnent rendez-vous à leurs soutiens mardi 20 octobre, de 12 heures à 14 heures, place René-Goblet à Amiens. En cause : un recours contre l’autorisation environnementale des secteurs 2 à 6 du projet, qui sera examiné par le tribunal administratif. Deux associations portent la procédure, soutenues par plusieurs organisations écologistes et militantes.
Les opposants au Canal Seine-Nord Europe donnent rendez-vous à leurs soutiens mardi 20 octobre, de 12 heures à 14 heures, place René-Goblet à Amiens. En cause : un recours contre l’autorisation environnementale des secteurs 2 à 6 du projet, qui sera examiné par le tribunal administratif. Deux associations portent la procédure, soutenues par plusieurs organisations écologistes et militantes.
La mobilisation est annoncée à quelques heures d’une audience judiciaire susceptible de peser sur la suite du chantier du Canal Seine-Nord Europe. Mardi 20 octobre, les collectifs Méga Canal non merci et Extinction Rebellion Lille appellent à se rassembler place René-Goblet, à Amiens, entre midi et 14 heures.
Leur objectif est de faire pression contre le projet, alors que le tribunal administratif d’Amiens doit examiner un recours visant l’autorisation environnementale délivrée pour les secteurs 2 à 6 du canal. Dans leur appel, les opposants présentent cette audience comme une étape qui « pourrait ouvrir la voie à l’arrêt du projet du Méga Canal ».
Cette issue reste toutefois une perspective défendue par les organisateurs, et non une décision acquise. Le tribunal devra se prononcer sur la légalité de l’autorisation contestée.
Un recours contre l’autorisation des 89 kilomètres restants
Déposé le 9 décembre 2024, le recours en annulation vise l’autorisation environnementale accordée le 9 août 2024 pour construire et exploiter les secteurs 2 à 6, entre Passel, dans l’Oise, et Aubencheul-au-Bac, dans le Nord. Ce périmètre représente environ 89 kilomètres du canal, sur les 107 kilomètres que doit compter l’ensemble de l’infrastructure. Les 18,6 premiers kilomètres, correspondant au secteur 1 dans la vallée de l’Oise, disposent d’une autorisation distincte délivrée en 2021.
Les requérants contestent plusieurs aspects du dossier environnemental. Sur le fond, ils dénoncent notamment des espèces protégées qui auraient été oubliées dans les inventaires et une prise en compte insuffisante du réchauffement climatique. Sur la forme, ils mettent en cause le respect des règles relatives aux compensations écologiques et la recherche de solutions alternatives.
Le recours est porté par deux associations : Protection du territoire Seine-Escaut (PTSE) et Nord Nature Environnement (NNE). Elles sont représentées par les avocats Me Elohane Durand et Me Samuel Delalande, selon le site consacré à leurs actions en justice.
À l’issue de l’enquête publique menée du 4 mars au 2 avril 2024, la commission d’enquête s’était prononcée favorablement sur la demande d’autorisation, avec cinq réserves et huit recommandations. Au total, 721 contributions avaient été déposées pour les 76 communes concernées, dont 34 dans la Somme.
Une mobilisation soutenue par plusieurs organisations
Autour de PTSE et de NNE, plusieurs associations et collectifs soutiennent le recours : les Amis de la Confédération paysanne, l’ANB, Attac, la Confédération paysanne, Extinction Rebellion, la FSU Oise, le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA), Greenpeace, les Naturalistes des Terres et les Soulèvements de la Terre.
Le rassemblement de mardi doit mêler prises de parole, stands, atelier de fabrication de banderoles, chorale militante et pièce de théâtre. Une cantine à prix libre est également annoncée.
Les organisateurs revendiquent un rendez-vous « festif » destiné à « renforcer nos liens et la dynamique commune contre ce projet démesuré ». Ils entendent aussi dénoncer les destructions déjà engagées sur le terrain. Quant à l’enjeu de l’audience, il s’agira de déterminer si l’autorisation environnementale des secteurs 2 à 6 peut légalement être maintenue.