Produits locaux
La baguette Avocette peut vanter son empreinte bas carbone
Produite exclusivement autour de la Baie de Somme, la baguette Avocette affiche désormais un atout chiffré : une empreinte carbone 35 % inférieure à celle d’une baguette classique. Une analyse du cycle de vie confirme les bénéfices de cette filière locale, qui entend encore réduire son impact environnemental.
Produite exclusivement autour de la Baie de Somme, la baguette Avocette affiche désormais un atout chiffré : une empreinte carbone 35 % inférieure à celle d’une baguette classique. Une analyse du cycle de vie confirme les bénéfices de cette filière locale, qui entend encore réduire son impact environnemental.
«On disait que notre baguette locale avait une meilleure empreinte carbone qu’une baguette classique. On peut maintenant le prouver», se réjouit Olivier Faict, président de l’association Avocette. Ce 22 juin, à Cahon, lors de l’assemblée générale, le cabinet de conseil Orki présentait l’analyse du cycle de vie de cette baguette de tradition locale, dont le blé est cultivé dans un rayon de 30 km autour de la Baie de Somme, transformé en farine aux Moulins Riquier de Cahon-Gouy, puis en pain dans les boulangeries régionales.
Cette analyse est «la méthode incontournable pour connaître les répercussions environnementales d’un produit», présente Baptiste Thierry, d’Orki. Cinq phases de la vie d’une Avocette ont été décryptées : la production du blé au champ, son stockage, la transformation du blé en farine, sa fabrication en pain, et le transport de la boulangerie au consommateur final. «Pour chacune de ces étapes, tous les éléments sont pris en compte : intrants, transport, énergie nécessaire, etc.» Il en ressort une bonne nouvelle : l’empreinte est plutôt bonne. «Comptez 502,56 g de CO2 émis pour 1 kg d’Avocette, soit 123,63 g de CO2 pour une baguette avocette, contre 776,7 g de CO2 pour 1 kg de baguette classique, blanche ou de tradition, soit 387 g de CO2 par baguette», précise Baptiste Thierry. L’empreinte carbone de l’Avocette est donc 35 % plus faible qu’une baguette classique.
Sur quel plan fait-elle la différence ? Plusieurs facteurs jouent en sa faveur. Du fait de sa production locale, le transport est réduit. Les Moulins Riquier ont d’ailleurs mis en place un système de transport optimisé. Entre le transport du blé aux moulins, puis de la farine aux boulangeries, aucun voyage ne se fait à vide. Les boulangers apportent leur contribution, la plupart étant équipés de fours électriques, moins consommateurs d’énergie que ceux au gaz. Les émissions de CO2 sont même réduites dès le champ, du fait de «l’effet rendement» obtenu grâce aux conditions de production favorables de la Baie de Somme. «En 2025 par exemple, la moyenne était de 9,01 t/ha de blé, contre 7,2 t/ha de moyenne nationale. Plus on produit sur une même surface, plus on améliore son bilan carbone», assure Baptiste Thierry. Deux variétés sont utilisées depuis l’arrêt du Camp Rémy : Extase et Fructidor.
Pour Olivier Faict, ce résultat est «une arme supplémentaire pour communiquer et vendre notre baguette». Il devrait d’ailleurs ouvrir les portes des cantines des collèges samariens à l’Avocette. «Cette Analyse du cycle de vie devrait nous permettre de qualifier l’Avocette comme “produit durable et de qualité“ selon la loi Egalim. Celle-ci fixe une obligation de garantir au moins 50 % de ces produits en restauration collective», pointe Suzy Vercruysse, animatrice de l’association à la Chambre d’agriculture de la Somme. Son référencement sur la plateforme Approlocal, qui met en relation les restaurateurs professionnels et les producteurs locaux, est en cours.
S’améliorer encore
Les membres de l’association Avocette ne comptent cependant pas en rester là. Cette analyse du cycle de vie a aussi permis de pointer les étapes à travailler pour améliorer davantage cette empreinte carbone. «40 % des émissions de CO2 ont lieu lors de l’étape de production au champ, avec l’apport d’intrants», livre Baptiste Thierry. La moitié de ces 40 % est due aux engrais. L'un des leviers pourrait être l’apport d’engrais décarbonés.
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L'Avocette est aussi livrée au distributeur
Désormais, l'Avocette est aussi disponible en distributeur. À Yonval, commune de 250 habitants, on peut, depuis le 15 novembre 2025, acheter une baguette en libre-service grâce à un distributeur automatique.
Il n'y avait plus de commerce ni de tournée de pain dans le village depuis longtemps ; l'installation de ce distributeur a donc permis à la commune d'avoir accès à des baguettes fraîches. «Ça rend service aux habitants», déclare Christian Lesenne, maire de Yonval, «et ça fait un point de vente en plus pour le boulanger».
C'est le boulanger, Olivier Fréville de Quesnoy-le-Montant, qui se charge de fournir le distributeur en Avocettes. 40 à 45 baguettes sont vendues par jour en semaine, et 55 à 60 le week-end. Elles sont fixées au prix d'1,20 €, comme au magasin, et stockées entre douze et quinze degrés dans le distributeur pour une conservation optimale. Seul bémol : plus de ces pointes caractéristiques de l'Avocette, sinon les baguettes ne passent pas dans le distributeur !
C'est un projet avec un budget s'élevant à 14 000 €, mais avec les subventions du département et l'aide de la communauté d'agglomération de la Baie de Somme, la commune n'a déboursé que 5 000 €.
Clara Cartier