Aller au contenu principal

Alimentation
Une consommation de charcuteries bien portante

Lors des Assises des entreprises françaises de charcuterie-traiteur (FICT), qui se sont tenues à Paris le 9 juin, deux experts sont revenus sur les chiffres de la consommation dans les foyers et en restauration hors domicile. Globalement, le marché de la charcuterie retrouve quelques couleurs.

76 % des Français consomment du jambon ou de la charcuterie trois fois par semaine.
76 % des Français consomment du jambon ou de la charcuterie trois fois par semaine.
© Gaspar Zaldo/Pexels

Après trois années consécutives de recul, le marché de la charcuterie retrouve enfin le chemin de la croissance en 2025, a indiqué Laurent Baugé, chargé des études «clientèle» chez WorldPanel. Il a notamment souligné que ce redressement «est marqué par une hausse des volumes de 1,2 % pour la charcuterie».

Le secteur reste d’ailleurs un pilier de l'alimentation hexagonale : 76 % des Français consomment du jambon ou de la charcuterie, à une fréquence moyenne de trois fois par semaine. Un foyer moyen se rend d'ailleurs au rayon charcuterie environ quinze fois par an. De plus, cette reprise s'appuie sur une «dynamique contrastée», a-t-il analysé. Ainsi, le rayon coupe, longtemps boudé, renoue avec une croissance de 4,1 %, devançant le libre-service.

Toutefois, la performance est polarisée sur trois catégories de produits : le jambon cuit, les saucisses à gros hachage et les «autres charcuteries» (pâtés, rillettes et boudins étant globalement en retrait). Le jambon cuit parvient notamment à se stabiliser grâce à des paniers plus importants par acte d'achat. Laurent Baugé a en outre précisé le profil des consommateurs : celui-ci «révèle une forte dépendance aux seniors. Les plus de 65 ans représentent le véritable moteur du marché, générant 29 % des volumes totaux», a-t-il observé.

À l'inverse, les familles et les jeunes foyers montrent moins de dynamisme, représentant un défi de recrutement à long terme pour la filière.

Parallèlement, les circuits spécialisés (bouchers, charcutiers, marchés) tirent leur épingle du jeu avec une progression de 9,6 % en volume sur l'offre à la coupe. Enfin, les motivations d'achat restent dominées par le plaisir et la tentation (28 %), la recherche de variété (25 %) et la praticité (20 %).
L'année 2026 débute sous des auspices favorables, avec une fréquence d'achat en hausse, confirmant que la charcuterie demeure une valeur refuge et de plaisir pour les foyers français.

Restauration commerciale

De son côté, Audrey Adnet, directrice France de Circana Foodservice a confirmé que le marché de la restauration hors domicile (RHD) affichait en 2024 (derniers chiffres connus) une résilience certaine, avec un chiffre d’affaires global de 84,8 milliards d’euros, en hausse de 1,4 %. Au sein de cet ensemble, les produits carnés restent au cœur de l'assiette, et la charcuterie en représente un quart stable avec 124 150 tonnes consommées, malgré un léger recul de 1 % en volume par rapport à 2023. En valeur, ce marché atteint 1,02 milliard d'euros (+2 %), soutenu par un prix moyen de  8,2 €/kg. La charcuterie de porc* est le pilier du secteur, pesant 82,8 % des volumes totaux. Trois catégories dominent : les «autres charcuteries de porc» (lardons, pâtés, poitrines) avec 28,1 % de part de marché, le jambon cuit (21,1 %) et la charcuterie sèche ou salaisons (17,1 %). La volaille et les produits tripiers complètent l'offre avec respectivement 5,7 % et 11,5 % des volumes. «Le marché est principalement tiré par la restauration commerciale, qui capte 58,1 % des volumes, contre 41,9 % pour le secteur collectif», a précisé Audrey Adnet. Les préférences diffèrent selon les segments : le jambon cuit et le jambon sec sont plébiscités en commercial, alors que le collectif consomme davantage de saucisses à pâte fine et de produits tripiers. Techniquement, le frais reste l'ADN du secteur et domine largement avec 93 % de part de marché. On note aussi une progression structurelle des produits sous labels (SIQO), qui atteignent désormais 4 % des volumes. «Cette montée en gamme, bien que lente, souligne la volonté de valorisation d'un segment qui demeure un incontournable des menus en restauration», a-t-elle conclu en substance.

* Car il existe aussi une charcuterie de volailles

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

La hausse entrera en vigueur dès le 1er juin.
Revalorisation du Smic : ce qui change au 1er juin 2026 pour les travailleurs modestes

Face à l’inflation, le gouvernement annonce une hausse automatique de 2,41 % du salaire minimum ainsi qu’une série de mesures…

lait infantile rappel produit Novalac
Un lait infantile rappelé pour une odeur et un aspect suspects

Les laboratoires Novalac ont procédé au retrait-rappel volontaire d’un lot de lait infantile « Allernova AR », destiné aux…

Martin Ebersbach cultive six hectares de vigne et produit du vin effervescent  à base de Chardonnay et de Pinot noir.
Les concerts à la ferme sont de retour dans la Somme

Du 6 au 10 juin, les concerts à la ferme reviennent pour une deuxième édition dans la Somme. En 2025, Martin Ebersbach,…

usine Eurolysine et groupe Avril Coordination rurale critique
Eurolysine : ce que les attaques contre Avril ne racontent pas

En critiquant sur X les résultats du groupe Avril, le représentant de la Coordination rurale (CR) dans la Somme, Patrick…

Sandrine Rousseau Céline Imart viande croque-morts
Pour Céline Imart, les écologistes comme Sandrine Rousseau sont des « croque-morts de l’agriculture »

En suggérant de remplacer le mot « entrecôte » par « cadavre de vache » sur les menus des restaurants, l’élue écologiste…

Les premiers coups de batteuse fleurissent sur les réseaux

La campagne de moisson 2026 est bel et bien lancée. Les premières photos et vidéos de récolte se multiplient depuis quelques…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde